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Dans la nuit du 18 au 19 avril 2025, une tentative de coup d’État a été déjouée au Burkina Faso. Selon des sources militaires burkinabè, un groupe de soldats aurait cherché à renverser le pouvoir de transition dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré. Plusieurs arrestations ont été opérées dans les rangs de l’armée, dont certaines figures déjà soupçonnées de sympathies avec l’ancien régime.

image mideq.org

Très vite, des soupçons ont émergé sur un possible soutien extérieur à cette tentative, notamment du côté de la Côte d’Ivoire. Plusieurs indices viennent nourrir cette hypothèse :
Des communications interceptées entre des soldats impliqués et des personnes résidant à Abidjan,
Le passé trouble de certains officiers exilés en Côte d’Ivoire depuis le renversement du président Roch Marc Christian Kaboré,
Une intensification récente des flux transfrontaliers non contrôlés dans la région du sud-ouest burkinabè.

Même si ces éléments restent encore à confirmer, ils alimentent un climat de suspicion entre Ouagadougou et Abidjan. Pour les autorités burkinabè, cette tentative pourrait être perçue comme un prolongement de stratégies visant à fragiliser la transition militaire.

Du côté ivoirien, aucune déclaration officielle n’a été faite. Le pays, en pleine préparation des élections générales prévues pour octobre 2025, tente de garder une posture diplomatique prudente. Mais cette affaire, si elle prend de l’ampleur, pourrait avoir des répercussions internes en réveillant de vieux clivages politiques et sécuritaires.

Analyse de 3ID Consulting :

  • Tensions bilatérales anciennes : la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ont une longue histoire de relations tendues, entre migrations, sécurité frontalière et rivalités politiques régionales.
  • Climat électoral sous surveillance : pour Abidjan, tout soupçon de déstabilisation pourrait être instrumentalisé politiquement à l’intérieur du pays, notamment par l’opposition.
  • Effet domino régional : après le Mali, le Niger et le Burkina Faso, les transitions militaires génèrent une nouvelle géopolitique du pouvoir, où chaque mouvement est observé et redouté par les régimes démocratiques voisins.
  • Risque pour les investisseurs et ONG : l’instabilité des relations diplomatiques peut affecter les accords bilatéraux, la coopération sécuritaire et le climat des affaires.

Conclusion

Ce nouvel épisode met en lumière la fragilité des équilibres régionaux en Afrique de l’Ouest. Alors que les États peinent à restaurer la confiance entre eux, les rumeurs d’ingérence étrangère deviennent de puissants catalyseurs de crises politiques. Il est donc crucial pour les acteurs publics, diplomatiques et économiques d’adopter une posture de veille continue et d’anticipation stratégique, afin d’éviter l’embrasement régional.

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