La Société nationale ivoirienne de travaux (Sonitra), acteur historique du BTP en Côte d’Ivoire, a officiellement cessé ses activités suite à une décision de liquidation judiciaire prononcée par la justice ivoirienne le 30 janvier 2025 et récemment approuvée. Cette disparition marque un tournant dans le secteur de la construction en Côte d’Ivoire et mérite une analyse approfondie.

Un effondrement aux multiples causes
D’après nos investigations, la chute de la Sonitra s’explique principalement par un contentieux majeur entre l’État ivoirien et le conglomérat israélien Solel Boneh International. Ce litige, dont les détails précis restent confidentiels, aurait gravement détérioré la situation financière de l’entreprise, déjà fragilisée par d’autres facteurs structurels.
Nos sources indiquent que la Sonitra souffrait depuis plusieurs années de problèmes de gouvernance et d’une dette croissante. La société peinait également à faire face à la concurrence accrue des entreprises chinoises et européennes qui ont considérablement renforcé leur présence dans le secteur du BTP ivoirien.

Impact économique et social
La disparition de la Sonitra aura des répercussions significatives sur l’économie ivoirienne :
Plusieurs centaines d’emplois directs sont menacés
De nombreux sous-traitants et fournisseurs locaux se retrouvent difficulté
Des projets d’infrastructure en cours pourraient être retardés ou réattribués

Redistribution des cartes dans le secteur du BTP
Cette liquidation ouvre un nouveau chapitre dans le paysage du BTP ivoirien. Selon nos analyses, plusieurs acteurs sont positionnés pour récupérer les parts de marché de la Sonitra :
Les groupes chinois déjà bien implantés (CCCC, CHEC)
Les entreprises françaises historiquement présentes (Bouygues, Eiffage, Sogea Satom, Razel Bec)
Des acteurs régionaux en pleine expansion (marocains et tunisiens notamment jet Contractors, Soroubat)

Perspectives et enjeux
Pour l’État ivoirien, le défi sera désormais d’assurer la continuité des projets d’infrastructure essentiels au développement du pays tout en préservant les compétences locales. La question de la reprise de certains actifs de la Sonitra par d’autres entités reste ouverte.

Cette liquidation soulève également des interrogations sur la stratégie nationale en matière de protection des entreprises stratégiques et de souveraineté économique dans les secteurs clés. 3ID Consulting continuera de suivre ce dossier et d’analyser ses implications pour l’environnement des affaires en Côte d’Ivoire et dans la région ouest-africaine.

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